Youpi, l’école est finie!

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Lui, je ne sais pas, mais moi, ça me met en joie. Réminiscence sans doute de ces bouts d’enfance, ces moments d’attente partagés avec les frangins et les copains, ce jour attendu avec tant d’impatience: la fin de l’année scolaire.

Et la perspective de ces 2 longs mois d’été, de l’odeur du soleil sur la place devant la maison, du plaisir de camper, d’un peu plus de liberté…

Petit Gris, quant à lui, ne dit pas trop. Il rapporte ces mots que l’on attend de lui, ceux entendus et maintes fois répétés par la maîtresse, par Dame Tartine, par les adultes autour de lui:
Alors ça y est, c’est les vacances! Tu dois être content!
- oui.

Les vacances ne réveillent pas encore pour lui de souvenirs. Sa temporalité est encore quasi uniquement dans le moment présent. Les vacances, ça veut juste dire que l’école est finie. Quelque chose, dans sa vie, s’arrête. Mais demain, s’il n’y a pas école, qu’est-ce qui se passe?

Alors on explique, on rassure, on raconte, on se souvient ensemble, on regarde des photos.

Et ce soir, une fois de plus, on fabrique un calendrier spécial vacances pour Petit Gris.

Au-revoir maîtresse. Et merci.

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Voilà, on y est. Après une année à accompagner Petit Gris le long du chemin chaotique de l’école, la fin de l’année est là, et il va lui falloir dire au-revoir. A sa maîtresse. A son atsem. A sa nounou. Ca fait beaucoup d’au-revoir pour un petit bonhomme de 4 ans.

J’ai réfléchi longtemps au cadeau qu’il pourrait offrir à toutes ces femmes qui l’ont accompagné dans cette première année de scolarité. Qui ont été là pour lui. Qui ont su trouver les mots dont il avait besoin pour être rassuré. Qui ont trouvé les mots pour l’aider à avancer. Qui lui ont fait aimer l’école. Un petit quelque chose qui permette de dire merci, et qui aide Petit Gris à leur dire au-revoir.

J’ai cherché l’inspiration sur les forums et les blogs, forcément. D’autres se sont posés la question avant moi. J’ai visité quelques sites a la recherche du super article joli, original et pratique, mais rien ne m’a vraiment plus. J’ai farfouillé du côté des bonnes idées à faire soi-même, sans prendre de trop gros risques, parce que bon, le bricolage et moi, c’est pas toujours ça.

Finalement, j’ai opté pour quelque chose d’assez simple, du moins pour la maîtresse et son atsem. J’ai aidé Petit Gris à préparer une carte pour chacune d’entre elle. Au début, je voulais lui faire faire des anagrammes de leurs prénoms. C’était sans compter l’exceptionnel esprit créatif de mon petit bonhomme qui n’a visiblement pas compris le principe. J’ai laissé tomber. Du coup, une jolie peinture sur l’intérieur de la carte, et sur l’extérieur, un collage des lettres MERCI découpées dans un joli papier et disposées dans le sens qu’il veut.

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Et puis avec ça, une fournée de mini-muffins. On a fait un test ce week-end avec Petit Gris. Mini-muffins à la compotée d’abricots, aux pépites de chocolat, à la pâte de spéculoos et à la pâte de noisettes. Approuvés par toute la famille. Ça claque!

Ne reste plus qu’à trouver 2 jolis bols pour les mettre dedans, et à se remettre aux fourneaux jeudi soir avec Petit Gris.  Il aura 2 jolis et gourmands cadeaux à offrir, auxquels il aura très largement contribué.

En attendant, comme il y a plein de mini-muffins en rab’, je m’en vais les déguster autour de la machine à café histoire de me faire des copains au bureau !

Courbatures, dur, dur

Le soleil a cela d’étonnant qu’il me fait faire toutes sortes de choses stupides.

En hiver, j’hiberne. Il ne faut pas me parler. Au printemps, je tape du pied en rongeant mon frein. Je suis chiante. Et au premier rayon de soleil un peu chaud qui semble nous promettre l’été, je pars à 100 à l’heure. Qui m’aime me suive.

Hier, par exemple. J’ai sauté à 2 pieds dans mes vieilles tennis qui n’avaient pas servies depuis quelques années. Un peu de musique dans les oreilles et je suis partie inspecter les petits sentiers de la forêt d’à côté. Au pas de course. Enfin, à mon pas de course à moi. Petites foulées, quoi. Et évidemment je n’ai pas trouvé mieux que de crier ma joie, ma fierté, mon ambition: « chéri, à partir d’aujourd’hui, c’est footing tous les soirs pour moi! ».

Encore une belle idée sortie de ma tête un peu trop chauffée par le soleil. Ce matin au réveil, courbatures de folie que je me suis traînée toute la journée et jambes tellement flagadas que j’ai bien failli m’étaller devant la machine à café. Classe. Et ce soir, je n’ai plus qu’une envie, c’est de me mettre au lit avec mes bonnes résolutions, et de m’endormir dessus. En mangeant du chocolat. Mais ça j’ai le droit, hier j’ai couru.

Allez, avec un peu de chance (on me souffle à l’oreillette qu’il s’agirait plutôt de volonté…), on en reparle demain!

On n’est pas gentils, on est contents

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« On n’est pas gentils, on est contents. La gentillesse, ça n’existe pas. »

Ce matin dans les transports. Réponse d’un jeune homme à un « Parlez-moi gentiment » qui failli virer en altercation. 
Et moi d’y repenser.
Je ne demande pas souvent aux enfants d’être gentils avec les gens. Je leur demande plutôt d’être polis. Je leur dis parfois d’être gentils entre eux, et avec les copains aussi. Mais au fond, ça veut dire quoi? De n’être pas méchant gratuitement. De ne pas tirer les cheveux de son frère. De ne pas piquer la poupée de sa soeur. De ne pas prendre le tractopelle pour renverser du sable sur la tête de son frère. De ne pas utiliser son râteau pour taper sur sa soeur. Ca laisse des traces.

Bon. Ca ne va pas nous mener loin tout çà. Et puis Catherine Dolto a déjà bien résumé tout çà dans son livre « Gentil méchant ».

Pourtant cette petite phrase continue a me trotter dans la tête. Ce n’est donc pas là, au niveau des enfants, que se situe ma réflexion. Alors je m’y remets, je m’interroge. Et pour moi, ça veut dire quoi? Ce qui est sûr, c’est que je suis souvent bien plus aimable, et donc gentille, par voie de conséquence, quand je suis contente. Je suis contente quand je suis sereine. Et je suis sereine quand je suis rassurée. Tout réside donc ici. Dans cette capacité à être rassurée.

Est-ce que cela fonctionne pareil chez mes enfants?

Promesse

Voilà l’été qui arrive et l’envie de jouer des mots pour aider à faire fuir les maux. A l’aide de barbecues à haute dose. A l’aide de pommes de pins ramassées à la pelle. A l’aide d’un essai potager. A l’aide de sourires forcés et de larmes versées.

Mais pas tant, heureusement. La vie est parfois coquine, qui nous rappelle sans prévenir à nos promesses d’antan. De celles que l’on fait à soi-même quand on a 20 ans. De celles que l’on fait promettre à l’amie de nous rappeler à raison de coups de pieds au cul savamment dosés s’il nous venait l’envie de l’oublier. Cette promesse de ne pas s’oublier.

Et voilà qu’au détour d’une caisse je tombe sur ces lettres, écrites il y a quelques années maintenant. J’y retrouve ces maux. J’y reconnais mes mots. Sans doute dirais-je aujourd’hui différemment. Mais quand même. Tout est là. Tout est dit. A quelques années d’intervalle.

Je n’ai plus 20 ans depuis longtemps. L’amie bientôt sera là de nouveau. Et moi de me promettre que l’on ne m’y prendra plus.

2013 entre parenthèses

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Une année pour se réhabituer à se rendre à Paris, à se lever tot, à prendre le train, à courir après le temps, à retrouver le bonheur de retrouver notre nid si loin du bruit.

Une année à l’accompagner, pour l’aider à grandir, à être rassurer, à apprendre à se détacher un peu pour mieux revenir. Une année de rentrée, où l’on a appris ensemble à apprivoiser l’école. Une année pleine de ses copines et copains qui viennent à la maison et peuplent ses conversations. Une année à grande vitesse, où les apprentissages sont venus bousculer la fin d’année, avec tant de fierté. Une année pleine de malice et de ses rires coquins. Une année à grimper sur les rochers, à explorer les recoins du jardin, à chasser les dragons, à mâter les vilains loups à grands coups de cactus, à construire des routes et des engins de chantiers, à ramasser les feuilles et les pommes de pin, à coller des gomettes et des autocollants, et à l’admirer dessiner ses premiers ronds.

Une année à la regarder pousser, essayer, tomber, recommencer, à applaudir ses premiers pas, ses premiers mots. Une année à la câliner, à l’encourager, à la réconforter, à admirer sa ténacité, à aimer son rire plus que tout et ses bisous si coquins et si doux.

Une année à les regarder tous les 2, se chercher, se réclamer, se chamailler.

Une année pour nous retrouver, à deux, juste nous deux. Notre première journée en amoureux, sans eux. Une année à nous soutenir aussi pour faire face quand tout vacille, quand on a eu envie de claquer la porte. Une année pour imaginer comment ça pourrait être autrement, ailleurs, pour être prêts si jamais.

Une année pleine d’amitié, pour retrouver les vieux copains, les bons amis, savourer le plaisir de se retrouver, et prendre le temps de se revoir vraiment. Une année de belles rencontres aussi, dans cette ville qui devient nôtre, petit à petit.

Une année où le vent n’a pas toujours soufflé dans le bon sens. Une année où l’on s’est serrés les coudes, où l’on a tenu bon, ensemble, où l’on s’est entourés, où l’on a entouré. Et l’on tient bon encore.

Une année de grand retour de mon frérot et de sa belle. Le plaisir de se retrouver, d’apprendre à mieux se connaître et de bien belles choses à venir.

Une année de naissance. Où je suis devenue tata. Où je suis devenue marraine aussi.

Une année sans grand projet, sinon celui de continuer à nous construire,  d’être bien à 4, de parfaire notre routine, celle qui nous appartient et ne ressemble qu’à nous.

Il et elle

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IL
. grandit sans que l’on s’en rende compte. L’école semble avoir un pouvoir magique pour cela.
. a toujours peur du Père Noël, mais essaye de se convaincre que non car il a bien compris qui apportait les cadeaux.
. a du mal à s’endormir en ce moment. Le coucher du soir est une bataille sans cesse renouvelée.
. est fatigué quand il rentre de l’école. Alors il fait l’andouille.
. dit toujours qu’il n’aime pas avant d’avoir goûté. Et finit pourtant son assiette avec appétit et gourmandise. 
. rentre de l’ecole avec de mauvaises habitudes. Déjà.
. commence à faire des blagues et semble avoir hérité du sens du jeu de mots paternel. Mazette!
. a besoin de son doudou beaucoup plus souvent qu’avant. Un peu trop à mon goût.
. joue avec les chocolats du calendrier de l’avent avant de les manger. Il est gourmand pourtant.
. aime toujours autant les livres et les histoires. 
. commence à s’essayer aux puzzles. 
. est fan de Tchoupi et de Petit Ours Brun. Damned. 

ELLE
. pousse comme un champignon. Il va falloir faire du tri de vêtements…
. réclame son père en permanence. C’est un peu vexant.
. est toujours aussi casse-cou.
. est tellement gourmande de chocolat qu’elle ne sait jamais ce qu’elle enfourne dans sa bouche quand elle ouvre son calendrier. La forme n’a pas d’importance quand il s’agit de chocolat.
. a une fâcheuse tendance à me transpercer les tympans de ses cris stridents. Je crois qu’elle aime sa voix.
. ne supporte pas qu’il y ait un autre enfant dans nos bras. Elle vient aussitôt réclamer place. Ou plutôt la prendre.
. fait les meilleurs câlins du monde.
. se régale de clémentines comme si c’était des bonbons.
. préfère sautiller que marcher. Je ne sais pas où elle trouve toute cette énergie.
. se met à danser dès qu’elle entend quelques notes de musique.
. vient nous chercher par la main quand elle veut qu’on vienne jouer avec elle. Et elle insiste si on obtempère pas. J’adore.

ILS
. se réclament au saut du lit.
. se piquent leurs jouets en permanence.
. font les fous dans le bain tous les soirs.
. font des batailles de guilis qui finissent en eau de boudin.
. rigolent bêtement des bêtises de l’autre. Ils sont leur meilleur public.
. inventent des jeux qu’eux seuls comprennent.
. pensent à l’autre quand ils ne sont pas ensemble. Se chamaillent quand ils sont dans la même pièce.

Chaque jour je les vois devenir un peu plus frère et sœur. Et je me dis que c’est une chance. Et je me dis que c’est précieux.