Dans une bulle de savon

Je voudrais être sure de me souvenir, de son rire grave et profond, de ses cris stridents les yeux pétillants de malice, de son bob rouge vissé sur la tête avec lequel il veut dormir, de ses petites jambes qui remontent et qui s’accrochent, de sa concentration quand il joue à l’eau, de ces dizaines de café bus pour de faux, de son sourire pour un doudou propre, de ces repas entrecoupés pour trinquer tous ensemble de verre à verre et de verre à biberon, du bonheur de l’eau qui pique, de sa bouche en cœur qui cherche à embrasser mais qui ne sait pas encore, des galipettes sur le lit de grand et des roulades qui finissent en embrassades, des « joue aux Légos maman? » avec sa petite voix toute douce, de ses yeux dans la lune, des « non, encore jouer maman! », de ses « rien du tout, juste prout ! », des batailles pour monter sur le cheval à bascule, de sa façon de lui donner un jouet pour récupérer celui qu’elle a dans les mains en disant « tiens Orangette! » passant pour le gentil quand il est surtout filou, de sa petite tête sur mon épaule et de son odeur si douce, des concerts de pouces sucés, de sa petite voix qui chante si souvent, des heures passées à sauter danser sur le tapis bleu du salon au son de Pit’O’chat, de son besoin si fort de câlins, de sa préférence finalement pour le petit copain de Monsieur Pabobo, de son besoin de laisser la porte ouverte, de leur soif et de leur bonheur de vivre, de la force qu’elle dégage petite fille décidée qui demande à ne pas être oubliée, ma toute douce, de la douceur qu’il dégage de son regard lunaire de ses mots si gentils souvent qu’on le dit sage quand il est calme surtout, mon petit loup…

Je voudrais mettre tout cela dans une bulle de savon pour qu’ils se conservent bien ces déjà souvenirs et qu’ils gardent les couleurs du temps les couleurs du présent, garder en moi le souvenir de leur odeur, de leur voix, de leurs éclats de rire, de leurs mots d’enfants.

Alors je m’y attelle à cette tâche immense et petit à petit je grave au plus profond de moi toutes ces petites choses qui font qu’ils sont eux aujourd’hui, qu’ils sont enfants, mes enfants, nos enfants. Et je ne me lasse pas de les regarder grandir.

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