Il et elle

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IL
. grandit sans que l’on s’en rende compte. L’école semble avoir un pouvoir magique pour cela.
. a toujours peur du Père Noël, mais essaye de se convaincre que non car il a bien compris qui apportait les cadeaux.
. a du mal à s’endormir en ce moment. Le coucher du soir est une bataille sans cesse renouvelée.
. est fatigué quand il rentre de l’école. Alors il fait l’andouille.
. dit toujours qu’il n’aime pas avant d’avoir goûté. Et finit pourtant son assiette avec appétit et gourmandise. 
. rentre de l’ecole avec de mauvaises habitudes. Déjà.
. commence à faire des blagues et semble avoir hérité du sens du jeu de mots paternel. Mazette!
. a besoin de son doudou beaucoup plus souvent qu’avant. Un peu trop à mon goût.
. joue avec les chocolats du calendrier de l’avent avant de les manger. Il est gourmand pourtant.
. aime toujours autant les livres et les histoires. 
. commence à s’essayer aux puzzles. 
. est fan de Tchoupi et de Petit Ours Brun. Damned. 

ELLE
. pousse comme un champignon. Il va falloir faire du tri de vêtements…
. réclame son père en permanence. C’est un peu vexant.
. est toujours aussi casse-cou.
. est tellement gourmande de chocolat qu’elle ne sait jamais ce qu’elle enfourne dans sa bouche quand elle ouvre son calendrier. La forme n’a pas d’importance quand il s’agit de chocolat.
. a une fâcheuse tendance à me transpercer les tympans de ses cris stridents. Je crois qu’elle aime sa voix.
. ne supporte pas qu’il y ait un autre enfant dans nos bras. Elle vient aussitôt réclamer place. Ou plutôt la prendre.
. fait les meilleurs câlins du monde.
. se régale de clémentines comme si c’était des bonbons.
. préfère sautiller que marcher. Je ne sais pas où elle trouve toute cette énergie.
. se met à danser dès qu’elle entend quelques notes de musique.
. vient nous chercher par la main quand elle veut qu’on vienne jouer avec elle. Et elle insiste si on obtempère pas. J’adore.

ILS
. se réclament au saut du lit.
. se piquent leurs jouets en permanence.
. font les fous dans le bain tous les soirs.
. font des batailles de guilis qui finissent en eau de boudin.
. rigolent bêtement des bêtises de l’autre. Ils sont leur meilleur public.
. inventent des jeux qu’eux seuls comprennent.
. pensent à l’autre quand ils ne sont pas ensemble. Se chamaillent quand ils sont dans la même pièce.

Chaque jour je les vois devenir un peu plus frère et sœur. Et je me dis que c’est une chance. Et je me dis que c’est précieux. 

Sous l’eau !

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5 jours de vacances…
3 jours de vacances sans MC à la maison et un week-end chez les cousins ch’tis.
Ah ! enfin du repos bien mérité !
 
Oui mais… c’était sans compter ma chance légendaire !  et ces 5 jours se sont transformés en une sorte de déferlante de mouises qui se sont enchaînées les unes aux autres…
 
JOUR 1
 
08h00
Tiens, Orangette a des boutons plein les fesses. Tiens, il y en a aussi sous les genoux. Et sur les chevilles… Hmmm, et Dame Tartine qui me disait hier qu’il y a une épidémie de varicelle au Bout du Bois… allez hop ! direction le Dr G. ! Bilan ? Une varicelle qui n’en était pas une, qui m’a valu une matinée à essayer d’empêcher la demoiselle de déménager entièrement la salle d’attente du Dr G.
 
12h00
Ca y est, Orangette a retrouvé Petit Gris chez Dame Tartine. Ouf, je vais pouvoir souffler un peu et prendre du temps pour moi.
 
15h00
Allez hop, je m’avance un peu et fais les courses pour la semaine, comme ça ce sera fait. En voiture Simone ! Direction, le Big C, mon enfer à moi.
 
16h00
C’est la tempête dehors. L’eau tombe tellement fort qu’on entend plus rien dans Big C, c’est pour dire.
Je mets une ballerine dehors et regrette déjà ma tenue estivale : le parking s’est transformé en torrent.
Il faut que je file si je veux être à l’heure pour récupérer les enfants. Tant pis si j’ai les pieds trempés. Pas que les pieds, tiens, l’eau vient d’en haut, comme c’est commun !
 
16h30
Bord…, pourquoi ça n’avance pas ? qu’est-ce que les gens foutent dehors à cette heure-là, on a pas idée !
Tiens, un arbre en travers du chemin, ceci explique cela. Tiens, un autre là-bas… J’espère que les miens ne sont pas tombés sur le toit de la maison, je ferais pas ma fière.
 
16h45
Ouf, quelques branches par terre seulement, mais pas de dégâts chez moi.
Allez hop, je décharge les surgelés vite fait et je file, je vais être à la bourre chez Dame Tartine.
Plouf, plouf… hein, kezako ? Et merde, le sous-sol est inondé !
Fuck ! 5 cm sur toute la surface, alors que le sol venait à peine de se remettre de l’inondation d’il y a 15 jours, la plaie !
Bon, je vais chercher mes zouaves et je gèrerai après.
 
18h30
Les loulous sont au bain.
Tiens, une nouvelle averse. Je file au sous-sol voir si ça fuit encore.
Ah ben oui, ça fuit. En fait ça remonte pour être exacte. Put… de racines qui empêchent l’eau de s’écouler…
Bon, ben je remonte baigner mes zouaves et je gérerai ça après.
 
20h00
Les loulous sont couchés.
Je chausse les bottes et je m’y mets. Armée de mon fidèle aspirateur, j’aspire, j’écope, je vide…
 
23h45
Bon, j’ai bien mérité d’aller me coucher.
 
 
JOUR 2
 
03h00
Tiens, il pleut.
Je me demande si ça a de nouveau inondé le sous-sol
 
09h00
Dame Tartine vient de passer chercher les enfants. Je file faire un tour dans le sous-sol. Plif, plouf… diagnostic infaillible, j’ai les pieds mouillés…
Et re-aspirateur.
 
14h00
Branle-bas de combat, je vide le sous-sol de la moitié des cartons inutiles et tout mouillés qui trainent partout, direction la déchetterie.
Il fait moite. Ça pue.
Si j’avais su, je serais restée bosser, tiens!
 
18h00
Ouf, juste à l’heure pour récupérer les petits loups.
 
20h00
Tiens j’ai la gorge qui pique.
Bon, je décompresse et je verrai ça demain.
 
JOUR 3
 
07h45
Bouh ! j’ai mal à la gorge ! j’ai de la fièvre !
 
09h00
Hop hop, les enfants chez Dame Tartine, moi je me recouche.
 
13h52
J’arrive très en avance chez Dr G.
Et merde, il y a déjà la queue…
 
15h00
Je suis malaaaaaaaaaaaadeuuuuuuuuuuuuuuuuu… C’est pas juste !
Bon, en même temps, il fait un temps tout pourri, ça me remonte le moral.
 
15h45
Allez, un peu d’énergie, je prépare les affaires de tout le monde pour le départ de ce soir et après je pique un somme.
 
17h00
Dame Tartine dépose les loulous, il faut que j’assure.
 
18h30
Ah, MC vient de rentrer, je vais pouvoir me plaindre !
Je suis malaaaaaaaaaaaadeuuuuuuuuuuuuuuuuu… C’est pas juste !                                     
 
20h00
Départ pour le pays des ch’tis !
Le bon air du Nord va nous faire du bien !
 
23h00
Arrivés à bon port, on décharge les enfants.
Et on dort où dans ta maison, mon cousin chéri ? Là-haut, là où il n’y a pas de volets ? Un problème pour nous, non, penses-tu, les enfants dorment n’importe où ! haha !
 
23h30
Lits installés, loulous couchés.
 
23h31
Orangette hurle. Petit Gris saute sur son lit.
 
23h35
Petit Gris saute sur notre lit. Orangette hurle de plus belle.
 
23h45
MC a décidé d’avoir une patience à toute épreuve aujourd’hui et m’envoie soigner mon angine à coup de bières belges pendant qu’il rassure les enfants.
 
00h00
MC esquisse un pas dehors et vient trinquer avec nous.
 
00h02
Orangette hurle à tue-tête.
Elle va finir par vraiment réveiller ses 2 cousins. MC remonte se coucher avec les enfants. Il me déteste, c’est sûr.
 
00h30
Je pique du nez, je rejoins toute la petite famille là-haut. Personne ne dort. Ça promet pour demain !

JOUR 4
 
06h00
Il fait jour. Les enfants sont réveillés. Youpi ! Orangette a pleurniché à peu près toutes les heures cette nuit. On a une pêche d’enfer.
 
07h00
Petit Gris rejoins Petitom dans sa chambrette. Il font un sacré remue-ménage ces 2 cousins tellement contents de se retrouver !
 
07h30
MC, le gredin, prend ses jambes à son cou et s’en va faire une bataille de laine de roche avec un pote sous couvert d’aménagement de grenier.  
Je me demande qui de nous 2 va avoir le week-end le plus reposant au bout du compte !
 
08h00
Le reste de la maisonnée se réveille doucement ; et c’est parti pour un joyeux week-end familial rythmé par l’énergie de Petitom, Petit Gris et Orangette, qui n’était pas en reste face à son frère et à son grand cousin !

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Ma petite est comme l’eau…

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Cela fait longtemps que j’ai envie de parler un peu d’Orangette ici. A plusieurs reprises je me suis mise devant mon clavier et ai commencé à taper quelques mots. Mais ils ont du mal à venir ces mots. Ces mots pour parler de ma fille. Peut-être parce que j’ai parfois l’impression qu’elle est un peu comme un ovni dans nos vies.

Orangette m’étonne, elle est insaisissable.
Quand je pense qu’elle a besoin de moi pour avancer, elle me refuse la main, se dégage d’un geste sec, préférant partir le front haut mener sa petite vie.
Quand je pense qu’elle peut aller toute seule, elle s’accroche à moi comme un bébé koala, comme une moule sur son rocher. Impossible à décoller.
Elle est capable de crier, de pleurer, de devenir rouge de colère et de se mettre par terre pour une petite frustration qui, à elle, doit lui paraitre une abomination.
Elle est capable de rire sans s’arrêter, de sourire toute la journée, de tomber à répétition et de toujours se relever sans jamais pleurer.

Orangette est têtue. Ce doit être sa descendance bretonne.
C’est même déjà une vraie tête de mule. Quand elle a décidé quelque chose, il est difficile de lui faire changer d’avis sans essuyer de cris.

Orangette est déterminée. Quand elle essaye quelque chose de nouveau, elle s’y tient, y revient, 10 fois s’il faut. Et elle finit toujours par y arriver (quitte à bourriner un peu s’il le faut).

Orangette n’a peur de rien. A peine 15 mois et on ne peut plus casse-cou. C’est comme ça que je l’ai retrouvée en haut du toboggan l’autre jour ; elle était montée à l’échelle toute seule. Elle a un développement moteur qui m’épate. Je me demande même si elle ne court pas déjà plus vite que son frère.

Orangette a un caractère bien trempé. Quand elle n’est pas contente, elle nous le fait savoir à grands coups de décibels et en tapant des poings sur la table. A quelques semaines à peine, MC me chuchotait à l’oreille qu’elle nous mènerait par le bout du nez. Il n’avait pas tort, la tendance se confirme (surtout chez son père).

Orangette aime danser. A la première note de musique, ses yeux s’éclairent et elle se met à taper dans ses mains, à sauter sur ses pieds et à babiller en rythme. Toute petite déjà elle essayait de reproduire les gestes des chansons à gestes.

Orangette est aimante, en demande constante d’attention, de câlins… et en même temps tellement indépendante pour son âge.

Orangette est un peu comme la chanson de Guy Beart (oui, bon, on a les références qu’on peut… Merci maman pour l’héritage!), et je me demande si un jour je saurai la rattraper.

 
« Ma petite est comme l’eau, elle est comme l’eau vive
Elle court comme un ruisseau, que les enfants poursuivent
Courez, courez, vite si vous le pouvez
Jamais, jamais, vous ne la rattraperez »