J’avais oublié…

Après 6 mois dans cette bulle si particulière et si tendre de maternage avec Orangette, j’avais oublié…

J’avais oublié que quand le congé parental prend fin, le temps  nous file entre les doigts, à courir entre boulot et quotidien, à toujours essayer d’attraper un train déjà en marche.

J’avais oublié cette impression de double journée. Après le travail, l’activité, intense, continue, s’accélère même, au rythme des demandes et des attentes des enfants.

J’avais oublié combien il est difficile de se poser, de se trouver un moment à soi. Ou plutôt peut-être de se l’accorder.

J’avais oublié comme il est dur parfois de les coucher le soir en sachant qu’il faudra attendre presque 24h avant de les voir à nouveau. Alors parfois je triche, et le matin je m’infiltre doucement dans la chambre pour m’emplir les poumons de cette douce odeur d’enfance.

J’avais oublié surtout combien ce rythme quotidien est fatiguant, effrayant parfois, comme on a l’impression souvent que tout nous échappe. Dans ces moments-là, je suis en mode cocotte-minute, prête à exploser. Voire j’explose.

Oui, mais…

Comme il est bon aussi de ne pas être qu’une maman, de vêtir d’autres habits, de s’éloigner un peu. Comme il est bon de se séparer pour s’épanouir chacun de son côté. Comme il est bon de pouvoir avancer à son rythme et retrouver un peu de liberté.

Et comme il est bon aussi de goûter aux joies des retrouvailles. Le soir chez la nounou, cet instant magique, quand la porte s’ouvre ; le regard scintillant de Petit gris, ses petits yeux en amande qui s’illuminent et ce sourire d’Orangette qui se dessine en me voyant. Comme il est bon alors de se savoir maman.

 En écho à ce très joli billet de marjoliemaman

Rentrée!

Ca y est, c’est la reprise… Après 8 mois d’arrêt pour cause congé parental. Et je retrouve avec délice (haha!) le lever à 6h20 le matin et les joies du train de banlieue, la course du soir pour sortir discrètement du boulot avant tout le monde et attraper mon train de justesse, puis récupérer Petit Gris et Orangette malgré tout beaucoup trop tard, après 10h de garde chez leur nounou, Tatie-La-Bien-Aimée.

Bon, mais pour dire vrai, je retrouve mes anciens repères plus vite que je ne l’aurais cru et j’apprécie l’arrivée sur Paris à cette heure où la ville commence à s’éveiller. J’apprécie d’avance de goûter les retrouvailles avec les copines parisiennes le temps d’une pause repas le midi, de pouvoir flâner un peu en marchant dans des rues animées (ben oui, dans ma campagne, à part des chats et des écureuils, à midi il n’y a pas grand monde dans les rues), de pouvoir m’isoler pour une heure de lecture dans un café en grignotant un mauvais sandwich ( qui m’aura coûté un bras) sans être interrompue par un cri, un pleur, un rire, une couche à changer, un vomi à essuyer… Tout cela a un petit goût de liberté retrouvée. Même si mon Orangette me manque, après 6 mois à vivre dans notre petite bulle, je la sais bien chez Tatie, avec Petit Gris qui veille sur elle et lui pique ses jouets. Et moi j’ai l’esprit tranquille pour penser à autre chose, me replonger dans les délices d’un boulot qui ne me convient qu’à moitié, mais qui a le mérite de me remettre dans un autre rythme.  Bref, je fais mon come back dans un monde où je peux mettre de côté pour un temps mon costume de maman.

Ceci dit, reste à trouver le costume que j’ai vraiment envie d’enfiler, parce que dans le fond, pour l’instant, j’ai surtout l’impression de m’être déguisée!