Quand rentrée et propreté ne font pas bon ménage

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On dit que l’enfant deviendra propre quand il sera prêt, qu’il faut certes l’accompagner, mais ne pas le pousser, au risque de provoquer des situations de blocage.
 
La maturité physiologique de l’enfant, qui intervient généralement entre 18 mois et 3 ans, doit être atteinte. Cela semble évident. Il nous faut donc, parents, être à l’écoute des signes de nos enfants et leur proposer un accompagnement bienveillant quand ceux-ci se manifestent, pour les aider à apprivoiser cette démarche qui ne leur est pas familière: se rendre aux toilettes. Cela signifie d’abord pour eux de ressentir, dans leur corps, le besoin d’uriner ou d’aller à la selle. Puis la capacité à comprendre ce besoin, soit en se rendant seul aux toilettes, soit en le verbalisant, pour que quelqu’un accompagne.
 
Quand cela s’en arrête là, tout roule relativement rapidement. Mais de nombreuses angoisses inconscientes peuvent également faire leur apparition autour de cela: c’est là que la question de la maturité psychologique de l’enfant entre en jeu.
 
Ces enjeux-là, puisqu’inconscients, nous dépassent un peu la plupart du temps. Et nous nous retrouvons bien seuls, parents, pour proposer le bon accompagnement, celui adapté à notre enfant, au besoin qu’il exprime à ce moment précis.
 
Petit Gris a fait sa rentrée difficilement. Enfant particulièrement sensible, depuis tout petit, il se montre affecté par toute situation de changement.
 
Pour ce qui est de l’acquisition de la propreté, j’en avais déjà parlé ici, le chemin a été long et n’est toujours pas vraiment parcouru d’ailleurs. Nous avons fait le choix de ne pas le brusquer. Vers 2 ans ½, nous avons acheté un pot et un réducteur, mais il n’y a pas montré d’intérêt. Vers 3 ans, l’intérêt n’étant toujours pas là, nous avons un peu accru nos sollicitations. Insister sur l’exemple (avec nous et chez la nounou), proposer à des temps réguliers dans la journée (après le lever, avant le repas, avant de se coucher…), acheter des couches pull-up, puis des sous-vêtements, lus beaucoup de livres, demandé régulièrement s’il souhaitait porter un slip. Petit à petit, Petit Gris a fait de plus en plus souvent pipi dans le pot ou sur les toilettes, tout fier de tirer la chasse d’eau. Mais il ne demandait pas à se rendre aux toilettes et s’accrochait à sa couche quand il s’agissait de changer une selle.
 
A 3 semaines de la rentrée scolaire, nous avons profité des vacances pour arrêter les couches. Après discussion avec lui, il a accepté de ne plus en porter, mais la proposition, un peu ferme, venait clairement de nous. Les premiers jours furent humides, évidement, mais petit à petit il a compris qu’il pouvait retenir son urine. Nous guettions les signes et lui proposions d’aller aux toilettes. Chaque fois il répondait « non, pas pipi », mais à force de le voir se dandiner, nous l’accompagnons un peu de force et il faisait pipi dans son pot. Mais rarement ses selles. Au bout de quelques jours, il a refusé de mettre sa couche pour la sieste. Il a voulu dormir les fesses à l’air. Pas d’accident. Quelques jours plus tard, il a demandé à retirer la couche pour la nuit. Les fesses à l’air également. Et pas d’accident.
 
En l’espace d’à peine 2 semaines, Petit Gris est devenu propre la nuit. Mais pas le jour. Le jour, ça traine encore. Il faut lui proposer car il ne demande pas. Et s’il accepte facilement de faire pipi, la question des selles semble clairement être plus compliquée pour lui.
 
Après 3 semaines « d’apprentissage » un peu intensif (nous avons clairement focalisé sur la question pendant toutes les vacances), nous appréhendions forcément la rentrée scolaire. Gérer à la fois la création de tous ces nouveaux repères et maintenir les acquis en terme de propreté, nous savions que cela ferait beaucoup pour Petit Gris. Et ça n’a pas loupé. Chaque jour, Petit Gris est changé à l’école.
 
Aujourd’hui, nous sommes un peu perdus face à cette situation. Essayer de rester dans une démarche d’accompagnement n’est pas toujours si simple quand on a la pression de l’école et le risque que notre enfant n’y soit plus accueillis tant qu’il ne sera pas « propre ».
 
Et là je me rends compte que s’il s’agit d’accompagner notre enfant, la propreté n’est cependant pas une acquisition qui se fera toute seule, mais aussi une question d’éducation. L’accompagner, c’est l’éduquer. L’aider à se rendre compte qu’il est le seul qui peut décider. Que d’aller aux toilettes, c’est aussi grandir.
 
Mais alors, où est le blocage pour Petit Gris et comment l’aider à la dépasser ?
 
Quand on fait le tour de la littérature sur la question, des billets de blogs, des forums, l’avis général est plutôt de ne pas presser l’enfant, de laisser venir et de lui faire confiance. Oui, mais ce n’est parfois pas si simple. Car quand vient s’y mêler l’arrivée de la scolarisation, la pression, de fait, est présente.
 
Aujourd’hui, nous nous retrouvons a devoir arbitrer entre  ficher la paix à Petit Gris avec cela, le laisser déjà gérer émotionnellement sa rentrée, se créer ses repères pour être suffisamment rassuré. En espérant que le déclic viendra tout seul, sans doute aussi en dédramatisant la situation et en comptant sur l’exemple des copains à l’école. Et en faisant fi de cette pression qui nous angoisse de voir notre fiston « renvoyé » le temps que son acquisition soit plus solide.
 
Ou alors, aller chercher à l’extérieur une écoute et un accompagnement. Auprès d’un pédiatre ou d’un pédo-psy, quelqu’un qui puisse l’entendre lui, enfant, et nous écouter nous, parents. Histoire de ne pas trop faire peser notre propre angoisse sur Petit Gris et de pouvoir partager notre questionnement. Parce que se questionner au sein du couple, c’est bien, c’est nécessaire, mais au bout d’un moment on tourne un peu en rond.

Image: « Non, pas le pot! », Stéphanie Blake,  éd. École des loisirs.

Propreté, c’est pas gagné !

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Avec Petit Gris, on a décidé de profiter d’un week-end tranquilou à la maison pour relever le défi de la « propreté ». Comprenez : j’ai convaincu mon loulou que les slips, c’est quand même carrément mieux que les couches.

En fait, cette question de propreté, ça me turlupine depuis un moment déjà. Jusqu’à présent, avec MC, on était plutôt d’accord pour ne pas forcer les choses. On a essayé d’amener Petit Gris petit à petit à apprivoiser le pot et les toilettes, et à l’idée d’arrêter les couches. On a parlé avec lui, beaucoup, on lui a lu des livres, il a eu le droit à des séances de pot collectif chez sa nounou (les 2 copines étant déjà « propres »), on s’est mis d’accord avec Dame Tartine pour qu’elle lui propose d’aller sur le pot à des moment réguliers (avant le repas, avant la sieste, etc.).

Mais non, rien n’y fait. Pour le moment, Petit Gris n’anticipe pas. Il ne refuse pas le pot, mais quand il y va, chaque fois c’est la même chose : « rien du tout ! », qu’il me dit.

J’entends dire un peu partout que ça se débloque d’un seul coup. Que bien souvent, du jour au lendemain, les enfants deviennent « propres ».

Sauf que, Petit Gris est déjà grand. Il a passé 3 ans depuis quelques temps déjà et il me semble qu’il est plus que temps. Il en est capable, pour moi c’est évident. On dit que quand un enfant sait monter les escaliers, alors il est physiquement en capacité de contrôler son sphincter. C’est donc dans la tête que tout se joue maintenant.

Autour de moi, on me dit aussi que tant que je « l‘autorise » à faire dans une couche, après tout, pourquoi s’embêterait-il à aller aux toilettes ?

Alors ce week-end, après moult tergiversations, je me suis finalement décidée et ai proposé à Petit Gris d’arrêter les couches à la maison, ce qu’il a accepté. Bon, malgré mes longues explications, je ne suis pas sure qu’il ait bien compris ce dans quoi il s’embarquait, puisqu’à 11h ce matin, on en était déjà au 4ème pantalon.

Je ne suis pas sure que Dame Tartine me suivra là-dessus, donc ce sera sans doute différent chez elle et à la maison.

Je ne sais pas, si je fais bien, si je me trompe. Mais en attendant j’essaie, sans forcer mon loulou pour autant (s’il avait refuser le slip on aurait attendu encore). Jusqu’à présent, nous avons trouvé de manière assez évidente une réponse aux différentes « étapes » par lesquelles il est passé. On tâtonne, bien sur, on essaie, on ajuste,  ça prend parfois un peu de temps, mais on finit toujours par trouver la réponse qui lui convient.

Mais là, je dois avouer que c’est la première fois que je me sens aussi désarmée.

Premières fois

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J’aime bien les premières fois. J’aime bien ces petits moments qu’on sait précieux, parce qu’on les a attendus, et parce qu’on sait aussi que d’autres suivront. J’aime bien tous ces instants qu’on essaie de photographier, pour les garder en mémoire, bien au chaud dans nos souvenirs. J’aime bien me dire que toutes ces premières fois construisent notre album de famille, et qu’on se renforce aussi de toutes ces premières fois.

Ces derniers jours ont été pleins de premières fois, et ça c’est chouette!

– Premier tour de manège pour Petit Gris. Au détour d’une balade rennaise, il a fait son baptême de l’air dans un petit avion jaune comme le tracteur de son grand-père.
– Premières dents pour Orangette! Ça y est, la petite dentelle est là, qui vient décorer son joli sourire!
– Premier pot pour Petit Gris. Oui, je sais, c’est un peu trivial, mais tellement important dans la vie d’un petit qui commence à devenir grand…
– Premières pâtisseries pour Petit Gris, futur chef cuistot à n’en pas douter, vu sa grande dextérité pour verser les pots de yahourts dans le saladier (j’avais essayé l’option cookies le we dernier, et je comprends mieux maintenant pourquoi rien n’est jamais venu détrôner le gâteau au yahourt dans les salles de maternelles!)
– Premier biberon avalé comme une grande par Orangette, qui a insisté pour le tenir toute seule avec ses petites menottes (en même temps avec ses pieds c’aurait été un peu compliqué). Si c’est pas le début de la liberté, ça!

Je relis tout ça et je me dis qu’on a passé de jolis moments ces derniers temps. Et je me dis aussi que toutes ces années à venir seront encore ponctuées de premiers fois, et ça c’est bon…